Les droitiers contrariés ???

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Les droitiers contrariés. D’après notre enquête, des cas de « droitiers contrariés » ont bien été remarqués. Le pourcentage peut paraître dérisoire : 0.5 à 1 % de la population, mais 300.000 à 600.000 gauchers seraient des droitiers écrivant de la main gauche.

Mais comment peut-on être droitier et se retrouver gaucher ? Nous avons demandé au Docteur Michel Galobardès de nous éclairer sur ce point : Alors qu’il vivent dans un monde droitier certains individus se latéralisent à gauche bien que nés parfaitement droitiers.

Les mécanismes possibles

1) l’erreur de diagnostic :
– a) l’enfant droitier est étiqueté gaucher par erreur. Durant la période naturelle d’ambidextrie de l’enfant, bien que sa latéralité en devenir soit déjà programmée, l’enfant peut se faire passer pour gaucher aux yeux d’un observateur mal informé, mal formé et pas assez rigoureux sur l’interprétation des signes et des tests de latéralité prévalente.
– b) En outre, les latéralités croisées, peu et mal connues, peuvent expliquer de telles erreurs. Par exemple l’enfant tape dans un ballon du pied gauche, alors qu’il est droitier de la main et il se voit catalogué parmi les gauchers.
– c) L’injonction actuelle qui tend à ne plus contrarier les gauchers incite à de telles erreurs. De crainte de contrarier un enfant supposé gaucher on oriente à main gauche des droitiers hésitant dans leur expression gestuelle.

2) La pression environnementale :
Essentiellement familiale : né droitier dans une famille de gauchers l’enfant tendra spontanément à imiter ses parents, ses frères ou ses sœurs. Il sera admis gaucher car dans un tel contexte familial on se méfiera moins de cette erreur d’aiguillage.

3) La pression personnelle :
L’enfant peut s’auto-contrarier. C’est un cas un peu différent du précédent. L’enfant, voire l’adolescent, se force à être gaucher, bien que se sachant ou se sentant droitier. On parle d’opposition systématisée à un environnement réprouvé auquel on ne veut pas être assimilé.
Enfin, vouloir devenir gaucher (exemple un escrimeur droitier afin d’être plus performant au fleuret), peut exposer à une déconvenue, car on ne sera pas pour autant « cérébralement » équipé comme un gaucher, aussi méritoire que soit cette stratégie il sera presque impossible d’en tirer des bénéfices. Il faut toujours respecter la Nature et sa nature. D’où l’intérêt de les connaître d’abord.
Étant donné les risques, désormais solidement, établis de toute contrariété d’une dominance hémicorporelle, enseignants, parents, médecins et tout formateur, sans oublier les professeurs de sport, (tennis, judo, escrime, badminton etc.) doivent être documentés sur les tests et signes permettant de reconnaître une latéralisation en cours, même et surtout chez un tout jeune enfant. La prévention de réels problèmes, encore trop méconnus ou sous-estimés est en jeu et avec elle l’avenir de plusieurs centaines de milliers d’enfants concernés.

Dr Galobardès Michel

Certains « gauchers » se servent donc de leur main gauche uniquement pour écrire et de la main droite pour toutes les autres activités. Nous soupçonnons ceux-ci d’être en fait des droitiers contrariés ! Ils ne connaissent pas les problèmes liés au sens de la rotation inversée « innée » chez les gauchers et évidemment leur faculté d’adaptation au « monde droitier » est remarquable.
Ne pas confondre avec les « SuperGauchers » qui sont des gauchers doués d’une faculté d’adaptation hors du commun et les ambidextres… Mais ceci est une autre histoire.

lesGauchers

 

15 commentaires

  1. Julien on

    Existe aussi le cas des enfants présentant une amblyopie et qui doivent porter un cache oeil a un âge où tout se met en place, il arrive qu’ils se contrarient tout seul afin d’ecrire du côté où l’oeil n’a pas d’obturateur

  2. Penny on

    Je ne suis pas d’accord avec l’exemple du choix (inconscient ou pas) pour un droitier d’écrire de la main gauche. J’écris de la main gauche depuis toujours mais fais quasiment tous les autres gestes du quotidien de la main droite : personne ne m’a jamais encouragée à écrire de la main gauche, on m’a plutôt découragée d’ailleurs car c’était plutôt mal vu à mon époque (90’s). Écrire de la main gauche s’est fait naturellement, et je n’ai jamais pû changer, même si je l’aurais préféré (ex. La maîtresse me faisait asseoir en bout de rangée pour que mes gestes ne gênent pas les droitiers).
    Par contre je dirais que l’inverse est davantage envisageable : latéralement gauchère, j’aurais privilégié (inconsciemment) la main droite au maximum dans les autres pratiques pour faciliter mon quotidien.

  3. Eric on

    Bonjour,
    J’écris de la main gauche et joue au ping-pong de la main gauche mais je joue au tennis de la main droite ainsi que pour tout le reste.
    Ce qui est étrange c’est que mon fils est également gaucher pour l’écriture, le ping-pong ET le tennis et droitier pour tout le reste.
    J’ai pressenti un problème de latéralité en le voyant pratiquer le tennis.
    Je l’ai amené voir une psychomotricienne qui n’a pas su établir et confirmer une latéralité.
    Qu’elle déception car il était encore temps de lui faire changer de main…

  4. PatientMah on

    Vraiment merci pour l’information. Personnellement je suis un droitier contrarié. C’est pourquoi j’ai cherché cet article sur internet pour essayer de comprendre mon corps.
    Naturellement je suis gaucher mais au fil des années je suis devenu droitier à cause de l’environnement, j’utilise la droite exclusivement, j’écris et même joue au foot avec la droite. Mais avec ma façon d’écrire ou tenir un stylo beaucoup me soupçonnaient d’être gaucher.
    Lorsque je mélange quelques chose ou fait tourner par exemple en malaxant je le fais toujours dans le sens antihoraire comme un gaucher.
    Et depuis que je me suis mis à jouer au basket, j’ai un problème avec mon jeu au pied parceque les appuis sont pour un gaucher alors que le shoot est droit, je me retrouve dans une situation où si je dribble pour chercher par exemple un step back je ne peux pas shooter car mon pied gauche est naturellement en avant or mon shoot est droit (pour comprendre regardez le move de James Harden 😅😅😅 imaginez le après un step back out un stop shooter avec la droite c’est impossible) et ça ne me permet de mieux m’exprimer.
    Du coup je m’entraîne à revenir sur ma main naturelle la gauche.

  5. Dulauroy Jessica on

    Bonjour,

    Je trouve vos situations très intéressantes…
    Je vous donne une information qui peut vous être utile : allez voir une psychomotricienne, c’est leur métier de connaître la latéralité. Car il y a comme vous avez dit, la latéralité du pied, de l’oeil mais pour la main il y a plusieurs latéralité : latéralité gestuelle innée, latéralité usuelle, latéralité psychosociale… Et il peut même y avoir un examen du tonus pour connaître la latéralité neurologique.
    Demandez à votre médecin de prescrire un bilan psychomoteur et plus particulièrement de la latéralité, prenez rdv chez une psychomotricienne et vous saurez …. Bon courage à tous.

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